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Image : [Dossier] Le trip naturaliste, suite... [Dossier] Le trip naturaliste, suite...

 
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Ororo
Tata Ripley


Inscrit le : 23 Oct 2005
Messages: 3893

Localisation : Dans la fuckin' peau de Christian Bale !

Posté le: Jeu 03 Jan 2008, 02:05:53    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Le western :
du crepuscule à " l’hyperrealisme "



Dustin Hoffman regarde les mythes tomber dans Little big Man



On y retourne ! Histoire de prolonger le thème, puisqu’il s’agit dans « l’humanisme environnemental » de l’humanisme tout court et d’une forme de prise de conscience et de remise à plat des valeurs, j’avais envie de me servir de ce genre souvent simplifié ou mis de côté qu’est le Western.
D’entrée, une petite mise au point : d’aborder ces decennies cheries des 60/70 ne me donnent pas pour autant envie de condamner la forme ou le concept naïf de ces legions de « films de cowboys » des années precedentes, qui etaient certes, des porte drapeau de la civilisation americaine heroïque et blanche mais aussi parce que c’etait l’epoque qui voulait ca ! La plupart sont à prendre avec la ferveur et l’esprit pionnier qui devaient exister dans les mentalités, voilà tout, pleins des defauts, qu’avec le temps et l’histoire on a loisir de mesurer. Et malgré certains « messages » simplistes et des histoires à caractères aventuriers, il en resulte de très belles œuvres auxquelles on ne saurait ôter un parfum desuet de poesie.

Mais heureusement aussi me direz vous, les temps changent et une autre vision commence à faire son chemin dans le Hollywood conservateur et propagandiste des « nobles » valeurs us.
Les années 60 pointent leur nez et l’esprit contestataire qui s’insinuait dans le panorama general allait réestimer ce genre sacré qu’etait le western. Plus qu’un genre, une institution et peut-être le meilleur livre d’histoire à lire pour saisir la grandeur et la decadence de ce pays, ses obsessions, ses demons, sa pureté et l’absolue necessité qu’elle eprouve à vouloir s’etendre et grandir. Ca paraît un vaste programme pour une seule nation mais, il n’est pas rare de constater que ce genre, identitairement si americain, allait stigmatiser bien d’autres souffrances et conflits pour finir comme le spectre ideal à travers lequel on lit les derives de la societé us.

C’est d’autant plus interessant qu’il etait difficile de se servir d’un support aussi typé ( la panoplie du cowboy pour commencer semblait un obstacle pour « diffuser un message » ) et puis non.
Parce que l’Amerique ne saurait, parfois, être mieux representé que par cette periode determinante.
On y trouve l’essence même de toute civilisation qui aborde une terre sauvage, cherche à la dompter, se comporte en imperialiste ou colonisateur et finit par y repandre la mort.

Donc, arrivaient les rebelles, les radicaux, les poils à gratter du système qui savaient montrer les dents mais il y avait aussi les vieux briscards, déjà installés, et dont l’intelligence etait de simplement faire evoluer leur travail jusqu’à faire mentir leurs premières œuvres. Celui qui me vient à l’esprit en disant cela, est John Ford, en vieux roublard autant capable de faire des aventures à la gloire des tuniques bleues avec John Wayne à la parade que d’ouvir le dialogue et les blessures à travers des films plus tardifs, comme Le sergent noir / Sergeant Rutledge et Les cheyennes / Cheyenne autumn, son dernier.

Notons quand même qu’il y eu déjà une exception en 1950, avec La flèche brisée de Delmer Daves (James Stewart), qui, même s’il affichait les caracteristiques employées par les studios (indiens joués par des blancs pur sucre passés au fond de teint, leger academisme dans la forme…) s’averait assez precurseur d’une tendance que l’on retrouverai plus tard : l’indien n’etait plus ce sauvage hostile qui en avait après votre scalp et faisait des signaux de fumée pour annoncer la guerre.
Enfin on allait retablir quelques verités :

« Vous prenez notre nourriture. Vous tuez nos croyances. » dit une indienne, dans le film La dernière chasse de Richard Brooks, lorsqu’elle decouvre que les chasseurs ont même depecés un bison blanc, animal sacré.

Ca commencait à être en vogue : on faisait son Mea culpa, on revisitait les pubs mensongères d’hier ( le bon Marlboro man n’est pas toujours si romantique que ca), certains ne se generaient pas pour violer l’Histoire et exhumer les verités derangeantes comme autant de cadavres pas encore froids.
Un long chemin de croix commence, un debut de quête et d’initiation ( Un homme nommé cheval d'Elliot Silverstein, en 1969 ), quelles soient à travers l’experience personnelle d’un homme ou sa decouverte de l’autre dont on ignorait en fin de compte tout : la notion de racisme est omnipresente dans The unforgiven / Le vent de la plaine de John Huston et Le sergent noir / Sergeant Rutledge, traitée, d’une façon troublante et tout à coup moderne, que l’on avait pas remarqué avant ou si peu, sinon en 1956, grâce à La dernière chasse / The last hunt de Richard Brooks.

Ce Richard Brooks justement, un des plus passionants et progressistes realisateurs de son temps ( jetez un œil à sa filmo et tout est dit ) etait vu comme un prêcheur, un contestataire, il faisait des films pour monter à l’assaut des problèmes de la société avec une belle vision d’avance et, surtout, il a aimé parler de la nature humaine, si complexe et dechirée, tels que, justement dans La dernière chasse, Stewart Granger et Robert Taylor en font le portrait, même autour du bivouac...

Sandy McKenzie (Stewart Granger) campe un ancien chasseur de bison renommé, qui, degoûté par des années de massacre, a finit par raccrocher. Mais certaines circonstances l’obligent à retourner en chasse et, pour cela, il s’associe avec un certain Charlie Gibson (Robert Taylor), un jeune metis et un vieil unijambiste. Durant leur periple, ils croisent même la route d’une indienne qu’ils garderont avec eux et qui sera evidemment un enjeu de convoitise des deux chasseurs…
Ce film empeste la mort. Il est evident qu’au charnier des bisons, Brooks a superposé celui des indiens, traqués et decimés en masse en laissant flotter à travers tous les pores de cette histoire, des relents de chair putrefiée. A l’image d’un temoignage de veteran, que la guerre a bouleversé, McKenzie, ancien champion du monde du tir au bison, evoque ces images eprouvantes de murs de carcasses qui n’avait pas de fin et de la puanteur dont la peau n’arrive plus à se debarasser.


Robert Taylor en charlie Gibson, " celui qui ne sait que tuer "


La dernière chasse est tout à fait à l’image des crânes et des trophées morbides qui ornent un mur : la gêne, la honte et l’ecoeurement finissant par vous submerger. Et si McKenzie est forcement touchant dans sa fêlure et ses efforts à se racheter du sang et des souffrances versées, c’est Gibson, le personnage joué par Robert Taylor, qui atteint un sommet, rare en ces temps là, d’ambiguïté et de noirceur !

J’irais d'ailleurs presque jusqu’à faire un parallèle avec Henry Fonda, dans son heureuse metamorphose d’Il etait une fois dans l’Ouest. Sergio Leone avait bien compris, et son acteur apparement aussi, que pour rendre encore plus saisissant l’effet du tueur, il fallait « l’innocence de mes yeux bleus » ( dixit Fonda himself ).
Taylor a ce même pouvoir (des yeux magnifiques) , une flopée de rôles avantageux et un comportement guère reluisant durant le Maccarthisme… Sachant cela, c’est très interessant de le voir finalement si credible et très complexe à l’ecran, dans ce rôle, qui va plus loin que celui d’un simple tueur. Gibson est obsedé par la mort : « Tuer, c’est naturel. », « Tuer, c’est la preuve qu’on est vivant. » et surtout il est rempli de haine envers les indiens ( il a un penchant réel pour l’indienne qui les accompagnent mais c’est une souffrance qu’il ne peut admettre et il a du mal à assouvir son desir pour elle sinon dans la brutalité la plus primaire ).

Malgré des « redondances » classiques, typiques de l’epoque ( la belle indienne n’est autre que Debra Paget, l’eternelle squaw des grands studios…, le jeune metis qui les accompagnent est ce rouquin de Russ Tamblyn, le futur docteur Jacobi de Twin Peaks en fait ! ), ce film fait le louable effort de mêler le thème du respect des peuples et de la terre avec un cas de conscience americain, une mentalité et des pratiques que l’on doit changer si l’on veut sauver l’homme tout court.

C’est ainsi que McKenzie et Gibson finissent par se livrer un combat sans merci, avant tout parce que l’esprit malade et blessé de Gibson ne saurait laisser qui que ce soit en paix et qu’il n’a d’autre delivrance à sa folie meurtrière que la mort…L’ombre de cette folie structure beaucoup le film : dans la scène, particulièrement traumatisante, où les hommes tirent sur des bisons paisibles avec frenesie.
Quand Gibson croit entendre courir un troupeau et se lance à sa poursuite, alors qu’il ne s’agit que du tonerre ( c’est le fameux syndrôme du « chasseur hanté » dont parle le vieil ecorcheur unijambiste ).
Et à la mort de ce même Gibson, toute en symbole et frappante de ressemblance avec le dernier plan de Jack Nicholson dans Shining… Devasté, paranoïaque, jaloux parce que l’indienne qu’il appelle « sa femme » a suivi McKenzie, il poursuit le couple dans le blizzard et croise une ultime fois, la route d’un bison dont il pense que la peau le protegera du froid…

Le film est tourné en cinemascope, ce qui donne le vertige et l’espace ainsi que des plans absolument magnifiques comme ces moments de chevauchées en roue libre au plus près des bisons. Veritable plaidoyer pour la preservation des cultures et l’equilibre ecologique, on aurait tort de bouder en plus, la dramaturgie et les dilemmes qui se jouent entre les hommes : McKenzie et Gibson, personnages antagonistes, à moins que l’un (Sandy McKenzie) soit le rêve de l’autre et inversement, Charlie Gibson evoque une projection obscure de ce que McKenzie aurait pu devenir s’il ne s’etait arrêté à temps. Stewart Granger comme Robert Taylor donnent en tout cas une force (tranquille ou devastatrice, c’est selon) indiscutable dans leur registre respectif.


Le sergent noir / Sergeant Rutledge de John Ford (1960)

Il vaut avant tout d’être vu pour son acteur principal, woody strode, qui est, disons le, un des plus beaux et charismatiques acteur noir du ciné americain (de L’homme qui tua Liberty Valance à Spartacus en passant par Il etait une fois dans l’Ouest et des partenaires comme Terence Hill ou Lee Van Cleef).

La camera se repose sur son corps d’ebène musclé et longiligne (on dirait une accroche pour un autre genre de film mais non…) sans qu’il n’ai rien à faire ou presque… C’est difficile pour le spectateur de ne pas être fasciné par cette figure sculptée, rendue quasi biblique par sa stature, dont on a envie, dont on a peur.

Voilà une œuvre bien ambiguë dans l’œuvre toute tracée et assez repetitive de John Ford, qui de prime abord etait un entêté d’irlandais qui plaidait plus pour les amitiés arrosées avec son acteur fetiche John Wayne que pour la cause indienne et autres « minorités ». Comme quoi… Voilà un des plus beaux manifestes anti-raciste du genre et dans le milieu même que Ford utilise regulièrement : celui de la cavalerie us, avec en trame, une guerre intestine au sein de l’armée et de la petite communauté blanche pour trouver qui a violé et etranglé la « Laura Ingals » du fort ( enfin rassurez vous elle est plus âgée mais malheureusement toiletté comme un poney de concours… )

Evidemment on echappe pas à une histoire d’amour très secondaire et sans importance qui n’implique en aucun cas le sergent noir (eh oui, ne rêvons pas tout de même), quoique le debut du film etait sujet à se poser des questions… (la première scène qui confronte le sergent et l’heroïne, qui prendra fait et cause pour lui plus tard pendant le procès, etait magnifiquement filmée et pourquoi pas, suggestive à bien des occasions…).
On pardonne donc tout le reste qui n’est qu’une accumulation de reflexes Fordiens classiques (les indiens, méchants forcement, sont là pour meubler, l’amourette est sauve etc…) parce qu’on ne saurait oublier l’essentiel et la nouveauté de l’histoire ( jusque dans le procedé narratif puisque le film commence après les faits et que seul, le procès permet de remonter le fil des scènes passées) : pour une fois, John Wayne disparaissait de l’affiche et en une apparition, woody strode bouffait l’ecran en mettant sa presence au service d’un scenario inedit et d’un beau message de fond.



Le vent de la plaine / The unforgiven de John Huston (1960)


Image déjà plus moderne, « couple » star ( Audrey Hepburn-Burt Lancaster ), un nom qui sonne comme une legende ( Lilian Gish ), un secret revelé… On a stupidement accusé Le vent de la plaine d’être raciste alors qu’il etait tout le contraire et surtout une des plus belles histoires de l’Ouest (je trouve qu’il depasse la categorie « western »), aussi simple et epuré que le grand desert où habite la famille Zachary : Mattilda la mère, Ben, Cash et Andy, les trois fils et Rachel, leur sœur adoptive.

Bien que l’immensité des montagnes soit un environnement propice à de grandes echappées exterieures, le film se resserre tant sur son intrigue, qu’il pourrait bien être une pièce de théâtre. Car si les va et viens des indiens tout proches, sont un danger avec lequel doivent composer les Zachary, un autre mauvais presage vise insidieusement la famille et prouve que la menace n’etait pas là où l’imaginait : un cavalier solitaire et fantômatique, couvert de poussière et flanqué d’un sabre, rôde dans les environs faisant courir le bruit d’une vengeance et surtout, que Rachel, la fille adoptive des Zachary serait en fait une indienne…

Très vite la rumeur agit comme un poison et un climat de mefiance et de haine, entretenu par les voisins, pèse desormais sur la jeune femme, et cela en depit de son frère ainé Ben (Burt Lancaster) qui voudrait la proteger envers et contre tous.
Le film parle d’interdits et de honte : la fille, d’abord objet de desir (elle est courtisé par un voisin maladroit qui rêve de l’epouser, Ben Zachary l’aime d’un amour qui va au delà de la fraternité…) devient celui d’une traque ( par le cavalier errant qui la cherche ) puis d’un lynchage potentiel (merveilleuse scène au moment où tombe la verité). Le mot « d’indien » semble banni des languages, inprononcable et pourtant, quand la mère, Mattilda ( la poignante Lilian Gish ), autre detentrice du secret, finit par tout avouer aux siens, elle se met à en parler avec liberation et tendresse. Momentanément, un des trois frères, Cash, le plus emporté et sanguin, abandonnera la famille car il ne supportera pas d’avoir dû admettre l’impensable : « Ma sœur est une indienne… ? » mais il finira par revenir dans les ultimes moments, alors que les Zachary se sont retrancher chez eux contre les indiens, venus recuperer Rachel : un moment homerique de lutte permanente au sens propre et figuré, la plus dure etant celle qui oblige Rachel à choisir entre ses deux peuples.

La longue scène de verité reste le point d’orgue du film : filmée en nocturne, minimaliste, on voit la population regroupée autour du cavalier presumé « fou », que l’on a capturé pour être pendu. Mais d’abord , il doit confesser ce qu’il sait au sujet de Rachel. Son procès en somme. Rejetée, salie,humiliée, les femmes veulent qu’on la deshabille pour prouver qu’elle est metis, bref, la majorité haineuse chasse la famille de sa communauté « blanche et chretienne » avec ce ressentiment et cette ignorance caracteristique envers ce qui vous est etranger…

John Ford etait déjà passé par là avec son monument La prisonnière du desert / The searchers qui evoquait l’enlèvement d’une blanche par les indiens, la honte puis la colère du personnage de John Wayne lorsqu’il retrouvait l’enfant devenue femme et qu’il ignorait l’espace d’un instant s’il devait la tuer car elle serait devenue ce qu’il detestait le plus !

Ben Zachary, lui, a choisi : il continuera d’aimer Rachel sans reserve et la defendra aussi contre elle même quand elle tentera, après s’être « grimmée » en indienne, de rejoindre son peuple. Burt Lancaster, entamait, après les années 50, une seconde vie d’acteur flamboyante avec des propositions foisonnantes de rôles graves, decalés, engagés, européens… Il avait déjà goûté au western avec reussite ( Reglements de compte à OK corral, Vera cruz ) et y regoûterai joyeusement plus tard ( Les professionnels ), mais le vent de la plaine s’inscrit réellement dans une partition de jeu plus large, plus interieure et dramatique, plus sauvage aussi.
Le film se debarasse des intrigues de comptoir de saloon, on est loin de la ville et seulement face à soi même, Burt Lancaster ne joue plus au bandit ni au sherif, il cherche à preserver les siens et cette femme-enfant qui est à la fois sa petite sœur et l’amour de sa vie. Après tout, comment ne pas tomber amoureux d’Audrey Hepburn qui enchante tout le monde dès sa première apparition ! Et Lancaster lui prodigue sa force rassurante puisqu’il se veut à la fois un père, un frère, un futur mari.



L’autre atout du film : la menace latente qui assombrit le ciel sans nuages du debut. Dès sa première apparition, le rôdeur personnifie une sombre prophetie, à sa manière de rôder continuellement, de disparaître, d’assener d’etranges paroles comme des psaumes... Cet homme au sourire inquietant que les uns et les autres apercoivent juché sur son cheval, dans une tenue que l’on rapprocherait presque de l’uniforme sudiste ( le sabre -vengeur- pourrait confirmer cette hypothèse ), les cheveux gris sales et l’œil borgne, est incarné par Joseph Wiseman ( le docteur No de James Bond , ce qui n’est pas forcement evident à reconnaître ! ).
Chaque fois qu’il intervient, le film se rapproche du fantastique, en peu d’effets : le decoupage d’une silhouette immobile, un regard sentencieux et l’homme se transforme presque en exsangue cavalier de l’apocalypse venu repandre un fléau…

Les morts en marche


Pike et ses potes. C'est une belle journée pour mourir


Cette fois, les mythes ne sont même plus en sursis, on en veut à leur peau ! Peckinpah, Penn et un peu Leone ( mais avec des gants ). Tous, veulent confronter l’Amerique à son vrai reflet, puisque le romantisme mensongé des héros d’hier a anesthesié les consciences et fait croire aux foules que le siècle du Far-West etait un chapitre glorieux, alors qu’il trouvait une evidente analogie avec la brutale politique etrangère us du moment !

C’est le moment rêvé pour un homme de la demeusure (et de la bouteille) de Sam Pekinpah de porter le coup de grâce à ces representations unilaterales du cowboy missionaire et justicier.
Meurtri par le charcutage dont fut victime son superbe Major Dundee (1965), le grand Sam doit se venger pour retablir sa verité. C’est ainsi que The Wild Bunch enterra le western et fit entrer dans la legende une bande de parias qui allait botter le cul à la vision retrograde de l’Ouest.

Tellement plus dur, plus âpre, son humanisme est celui des hommes usés, revenus de tout, depassés par une epoque qui n’est plus la leur, qui les ignorent ou les mets hors la loi, son humanisme s’attache à depeindre la decrepitude et la fin d’un monde au delà des codes du western, où s’engouffrent des soudards, des chasseurs de prime, des enfants tueurs ( ils s’amusent à torturer un scorpion dès le generique d’ouverture ).
La horde sauvage serait plutôt un testament, au jusqu’auboutisme d’un Bonny and Clyde sans la légèreté humoristique du genre spaghetti, qui, lui, detourne un peu la voie royale du western vers des declinaisons parfois pastichées, typiquement italiennes d’esprit…

Pekinpah n’est pas là pour distraire les foules, il suit son instinct d’anarchiste avec bruit et fureur, sans se defaire du vrai ressort dramatique qui guide son film: l’apocalypse d’un monde. Celui de Pike Bishop (William Holden) et sa bande et d’un pand de la civilisation qu’on ne rencontrait que dans l’ouest sauvage. J’irais presque jusqu’à rapprocher la signature de The wild bunch du creshendo funèbre de Easy Rider, film emblême de la liberté qui finit par se fracasser en mille morceaux. Captain America et ses potes, comme Pike et les siens sont les premiers ou les derniers de leur races, marginaux, inadaptés, n’ayant pas d’autres issues que de mourir car la societé d’un côté, ou un nouveau siècle de l’autre, les renient.

Et pourtant, même au pays de Peckinpah, il existe un paradis pour les criminels et les voleurs, comme le suggère les derniers plans, où l’on revoit chacuns des hommes morts entrain de rire aux eclats en flashbacks successifs : ils sont ensemble et heureux d’avoir tiré leur reverence avec un sens de l’honneur à l’ancienne parfaitement intact.
En purgeant l’Amerique de son hypocrisie, Pekinpah en avait assez des icônes intouchables rendant l’ordre et la justice alors il a fait des gens de sa horde sur le declin, les incarnations les plus realistes et impitoyables de l’Ouest, dignes elles aussi d’integrer les livres d’histoire (comme son desenchanté /requiem sur Billy the Kid plus tard).

Je le rapproche en pas mal de points d’Il etait une fois dans l’ouest de Leone, sorti la même année, soit 1969. Deux films sur « les hommes » mais surtout sur « les hommes mortels »… Pas d’indien en vue, pas d’attaque de diligence, pas de ville à defendre par un sherif intègre… Ce sont des anti-héros qui vont au bout d’eux même, suivant une epreuve initiatique avant d’atteindre purgatoire, walhalla ou ce qu’on veut… Comme le souligne bien ce dialogue entre Franck et l’harmonica, avant, enfin, de s’affronter :



L’harmonica : « En fait, tu viens de decouvrir que tu n’es pas un homme d’affaire. »
Franck : « Un homme, c’est tout. »
L’harmonica : « C’est une race très ancienne… »

Leone reprenait la plupart de ses recettes (l’etranger solitaire, l’humour insufflé par le personnage de Jason Robards, les duels ) mais avec une dramaturgie peut-être encore d’avantage palpable puisque, certes, il s’agit, à l’instar de Et pour quelques dollars de plus, d’une histoire de vengeance ( entre Lee Van Cleef et Gian Maria Volonté, qui a souillé sa sœur ) mais la mort y est vecue comme bien plus brutale et sans pitié : on y tue un petit garcon ( dans la scène memorable « des caches poussières ») et l’agonie cruelle du frère de « l’harmonica » a quelque chose de traumatisant, dans la longueur.
On peut mesurer le calvaire psychologique que doit eprouver finalement Bronson d’avoir involontairement provoquer sa mort de son aîné ( Leone avait déjà ebauché le sujet dans la très jolie scène de Et pour quelques dollars de plus, où Mortimer/Van Cleef affronte Volonté en faisant resonner la petite musique de sa montre…)


Henry Fonda en memorable Franck: comme si le western avait trouvé son Vador


Franck (Henry Fonda) est un truand qui traine tout au long du film un sillage funèbre. Il n’est pas question de hold-up ou de casse de banque. Il tue et negocie avec « ceux de l’autre monde », en fait les notables qui ne se deplacent plus à cheval mais en train. Car le train et l’avancée du chemin de fer symbolise bien le changement d’epoque annoncée.

Quand il comprend que finalement, il est rattrapé par son passé et ses crimes, il accepte de rester dans l’epoque où il a toujours vecu ( et d’y mourir , il accepte son destin car il n’a plus qu’une seule raison de vivre : decouvrir l’enigme de « l’harmonica ». Ce « Qui es tu ?...Qui es tu ?.... ». qui revient sans cesse et transforme Bronson en nemesis de Franck, en esprit vengeur, omniscient, sans nom, si bien qu’on se demande s’il n’est pas lui même un peu mort et errant ( la scène qui suit la première fusillade à la gare où l’on voit Bronson se relever a d’ailleurs été rajoutée pour dissiper l’ambiguïté sur sa nature « mortelle »….C’est presque dommage…).
Une figure que perpetuera à sa manière Clint Eastwood dans ses westerns où il revient souvent en ange exterminateur accomplir son jugement et sa justice (Josey Wales, L’homme des hautes plaines, Pale rider)

Alors bien sûr je ne peux pas passer à côté de l’idée lumineuse d’avoir choisi un acteur comme Henry Fonda pour interpreter ce sale type. Complètement à contre emploi ( il n’a cessé d’incarner des hommes honnêtes, patriotes, courageux ou justiciers dans sa longue carrière ), meconnaissable, violent, mal rasé, sans foi ni loi, il assassine les enfants et viole les femmes ( ok, il laisse trainer ses mains balladeuses sur les courbes de Claudia Cardinale, qui la joue prostituée sur le retour, dans une scène superbement filmée et miraculeuse de melancolie et d’erotisme).
Conclusion : l’acteur vieillissant a du bon. La jeune gloire d’hier est enfin ramené au niveau des autres mortels avec une imparfaite et noire humanité.


"C'est moi malheureusement qui ferait un mauvais mari..."


Le shema est le même avec The wild bunch et sa pleïade d’acteurs durs à cuire, qui après avoir donné de leur personne à Hollywoodland, ont posés leur lasso d’operette ou leur rôle de jeune premier parfois rebelle, pour se montrer sous des eclairages plus clair obscurs :

Willam Holden (Sabrina,Picnic) a du mal à remonter sur son cheval, Ben Johnson (faire valoir de John Wayne dans tous les westerns en tuniques bleues) est ivre et debrayé avec une pute à chaque bras, Robert Ryan, le filiforme et elegant, qui n’est plus que l’ombre de lui même et doit traquer ses anciens compagnons comme le ferait un Pat Garret avec Billy le kid.
Après, si la camera de l’un ressemble aux procedés de l’autre, l’effet obtenu n’est pas toujours le même. Once upon a time in the west propose un realisme taloné par les derniers elans stylisés et baroques typiques du maître Leone. Comme chez Pekinpah, il coupe court à tout romantisme ( eventuellement suggeré par la presence de Claudia Cardinale ) avec la violence interieure du personnage de Franck et une mort toujours cruelle, jamais exempte d’humiliation ! ( la mise à mort du frère, l’harmonica dans la bouche, Morton, le paralytique qui rampe vers une flaque d’eau pendant que Franck se fend la poire ).



Il etait une fois dans l’Ouest
conserve la dimension et la pompe d’un baisser de rideau à l’opera, ce dont ne « s’encombre » pas Peckinpah, bien que la dernière scène soit un morceau de bravoure que l’on dirait choregraphié à l’extrême. Leone a deliberement orchestré une danse de la mort (combinée à la seduction parfois) autour de ses personnages dont l’immobilité est en elle même une pose artistique ( observez la demarche animale d’Henry Fonda, sa façon de se tenir, qui donne presque un dehanché sensuel ).
Peckinpah ne joue pas, il traduit, il pique au vif là où Leone traine sur les visages et les plans, etirant l’espace et le temps d’une manière hypnotique, pleine de suspense. En plus, la construction de Leone est parfois indissociable du score de Morricone, pour ne pas dire qu’il s’agit d’un autre element de mise en scène determinant. Peckinpah fait d’avantage dans la prise directe, sans sembler avoir recours à une sophistication quelconque, ce que, finalement, il obtient quand même ( avec les ralentis de sang du grand final par exemple)…

Des deux, The wild bunch reste à mon sens le plus proche des années 70, dans lesquel il a un déjà un pied. Ne serait-ce que par son identité flottante et son caractère « frontalier » : il est catalogué western alors qu’il est bien plus que cela, il a maintes relations avec des films de guerre ou,déjà, Le Convoi ( de 1978 avec Kris Kristofferson au volant de camions qui auraient pu être des chevaux…), il represente une ôde à la liberté (et non pas à la violence !) qui n’aurait pas d’âge sauf qu’elle repose en equilibre sur une page bouillonante de l’histoire americaine.



Les hommes de Pike Bishop ont franchi un point de non retour et font un ultime bras d’honneur à la civilisation nouvelle, Franck meurt et l’harmonica disparaît après lui, comme une chimère qui se detourne du nouveau pays qui va naitre.
Poétique, subversif, The wild bunch l’est assurement, Once upon…, en partie, et quand au travers du classicisme ou de la repetition de scènes vues et revues, jaillit l’audace du personnage de western le plus noir jamais conté ( Sentenza/Lee Van Cleef et Gian Maria Volonté jouaient la « bad attitude » sur un autre registre), on conçoit soudain que Leone a reussi à ecrire son requiem parfait.
Lui qui avait déjà voulu de Charles Bronson pour incarner sa trilogie des Dollars, de Fonda dans le role du colonel Mortimer ( joué finalement par un Lee Van Cleef, très old school et paternel ), et esperait que les trois acteurs du Bon, la brute et le truand apparaitraient en clin d’œil pour l’ouverture du film afin de boucler la boucle, s’est retrouvé avec une page vierge à scenarisée.
Et c’est peut-être mieux ainsi. Il a renouvellé une fois encore le genre qu’il a lui même instauré avec la serie des Dollars en rompant avec le decalage amusé de « Blondin » et les accents musicaux comiques qui surlignaient certaines scènes.

Avec Il etait une fois dans l’ouest, son western ultime et absolue, tellement mature ( y compris musicalement), il rompait avec le rythme precedent, plus enjoué, ( puisqu’il fait même mourir Cheyenne « le clow triste », seul rappel de la legereté d’autrefois), introduisait un personnage feminin bafoué et redempteur et imposait une trame macabre, magnifiée par l’aura noire de Franck et les flashs obsedants et lancinants de l’Harmonica.
Finalement, après avoir injecté ici et là dans ses precedents western, de brefs appels à l’emotion, il preparait le terrain d’un chef d’œuvre, avec un casting inedit et revisité et une emphase toute italienne poussée à son paroxysme. Sur les deux westerns, c’est la fatalité qui l’emporte et l’envahissement de l’homme par la civilisation.

Desenchantement, echecs, affronter les demons, ebranler l’establishment, parler de l’integration des noirs mais bien au delà des indiens, des colonisés, des vietnamiens qui sont brûlés au napalm etc... Les westerns, en negatifs revelateurs, brossent dorénavant un paysage plus engagé, pas seulement parce que les personnages sont revisités, mais même dans le choix des lieux, restitués à leur juste valeur ( le desert est sterile et hostile et plus un decor de cinema ).

Après la mort defintive des legendes d’Hollywood ( Henry Fonda vit ses derniers instants, un harmonica entre les dents, William Holden ou Ernest Borgnine sont dechiquetés par la mitraille ), le sang neuf et la maladresse ordinaire de Dustin Hoffman s’affichent dans le Little big man d’Arthur Penn (1970), qui fait encore table rase des manuels d’histoire.

L’humour et la derision sont les armes principales de cet anti-western ouvertement politisé qui prend fait et cause pour les indiens et met avant tout en scène les absurdités et les tragédies qui sont le lot de tout choc entre civilisation.


L'indien fait peau neuve !


L’opinion americaine de l’epoque etait degoûté, trompée, abusée, assoiffée de verité, il fallait que les films, quels qu’ils soient fassent ressortir ces sensations.
On vous a floué ! Le Vietnam etait un mensonge et une tuerie honteuse et le fantôme de « Little big Horn » exigeait une revision de l’Histoire.
Les hommes/acteurs se cherchent, se vengent, se retranchent chez eux pour se defendre ou abandonnent tous leurs biens pour suivre un autre mode de vie. Little big man se veut sans doute plus une fresque americaine dans toute sa demeusure, il assemble les puzzles d’une vie d’homme qui cherche son identité après avoir été orphelin de sa famille blanche puis recueilli et eduqué par les indiens.
Dustin Hoffman prête son air juvenile et roublard au personnage de Jack Crabb dont on ignore s’il est un grand héros ou affabulateur…Encore une belle façon de faire un clin d’œil aux indiens, toujours prêts à tromper leur monde en etant plus malin que vous et surtout moins solennel que les stereotypes representations du passé.

C’est vrai qu’en plus d’être très longue, l’histoire fourmille d’aventures farfelues et tragiques, un des meilleurs partis pris etant de mêler intimement les instants de comedies pures, à des faits dramatiques,voire insoutenables, qui ne semblent plus aller l’un sans l’autre puisqu’ainsi va la vie.
Arthur Penn s’amuse mais pour en aucun cas desamorcer ses effets car Little big man est un seul et même recit historique qui ne peut exister sans rire et horreur mêlés, qui se decline sous autant d’identités que celles qu’endossent Jack Crabb au long de son aventure humaine.

Tel un Forrest Gump, doux naïf ou pathétique qui traverse les grands evenements de l’histoire us et y cotoie les celèbres figures de l’ouest, alors desacralisées (Hickok, Custer) ce brave imposteur, est bien souvent lâche, depassé par son propre destin et enrôlé de force dans ce qui lui arrive.
Opportuniste ou tricheur avant d’être rattrapé par la conscience, Crabb se reveille enfin de ce qui a tourné au cauchemar et failli peut-être le rendre fou ( la très violente et remarquable sequence du massacre de sa jeune epouse indienne avec son bébé.)
Penn emprunte un language burlesque pour dezinguer les mythes ( Buffalo Bill est montré comme un marchand de peaux, Custer un viandard) et les coutumes ( les indiens ne sont pas non plus que des bons sauvages, ils sont drôles et bourrés de defauts comme n’importe qui ). Le regard candide de Crabb permettant ce genre de « denonciation » de passer encore mieux car on suppose que le realisateur trouva certaines verités si atroces qu’il fallut se servir du rire et de la derision pour renforcer l’indignation.


Le genocide en marche


J’y ai senti la même fable joyeuse et abominablement triste que dans la ronde des fous de Vol au dessus d’un nid de coucou, jamais miserabiliste mais pleine de compassion et de naïveté salvatrice. Et si cela est tellement attachant, c’est probablement parce dans La grande Histoire, un homme seul et ordinaire n’a aucune aspiration sinon celle de trouver une justification de son existence. Le lot de n’importe qui, en somme.

Fort de ses acteurs celèbres, de son ecriture atypique et corrosive, le film eclipsera la sortie la même année d’Un homme nommé cheval d’Elliot Silverstein, avec Richard Harris. Film, qu’on a presque traité de documentaire tant il s’interessait aux coutumes des indiens et a tenu à en dresser les richesses. R. Harris y joue un anglais explorateur, parti dans l’Ouest pour y rapporter des trophées de chasse jusqu’au moment où il tombe aux mains des indiens Sioux. Humilié, traité en moins que rien, il devra se plier aux usages et apprendre les conditions de vie de la tribu pour esperer gagner leur respect.
La facture reste assez classique mais c’est un de ces rares films qui a choisi de mettre le peuple indien en avant et comme sujet principal d’une histoire, obligeant cette fois l’homme blanc à adopter un autre mode de vie et changer ses croyances.



Il resta, pour finir, le mystère Soldat bleu de Ralph Nelson (1970), dont malheureusement je ne saurais parler en detail puisque je ne l’ai toujours pas vu et qu’il est difficile de se le procurer.
Censuré à bloc, vendu comme une simple love story entre un deserteur de l’armée naïf ( Peter Strauss) et une femme blanche (Candice Bergen) qui a vecu auprès des indiens (non non, ca n’est pas Danse avec les loups), la petite histoire s’appuie encore une fois sur la grande, pas reluisante, celle du massacre des cheyennes à Sand Creek par les tuniques bleues en 1864…

Les critiques de l’epoque ont reprochés au film d’être à côté de la plaque ou sinon complaisant dans l’exageration violente et guère fidèle à la verité historique… Il aurait subi des coupes drastiques lors de sa grande sequence finale qui etait le catalogue des atrocités habituelles perpetrés par toutes les brutes du monde (corps empalés, viols d’indiennes et autres rejouissances…)
Et même si le film, de par sa rareté et ses fameux bruits de censure, etait disproportionnellement encensé, et même s’il choisit d’habiller des faits de toute façon réels, de quelques supplements, on ne saurait lui retirer sa necessitée et sa legitimité puisqu’à l’instar de Little Big Man, il donnait au massacre des Cheyennes une resonnance beaucoup plus actuelle ( le massacre de My Lai, au Vietnam, en 68, perpetré par des GI’s).

Ensuite, le western s’est eteint pour devenir autre chose. D’instrospection en auto-mutilation, le genre a fait penitence pour son bien et en etant moribond, honteux et sale, il s’est regeneré.
Ceux qui pensaient que le western ne leur convenait pas, devraient d’avantage se pencher sur ces periodes charnières et fragiles qui annoncent « un changement de temps ».

Ca n’est rien de mieux ou de pire que l’Amerique : expansionniste, violente, malade de sa propre morale ou de sa grandeur colportée ici et là. C’etait les années 60 et 70. Les gens changeaient de camp et les films aussi.
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Armand LeHess
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Posté le: Jeu 03 Jan 2008, 14:45:54    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Merci pour cette belle analyse qu'il faut que je relise attentivement avant de répondre quelque chose de vraiment approprié...

J'ai juste une petite remarque, probablement un peu HS, mais je pense qu'il faut mentionner l'aspect formel qu'a apporté le western au cinéma contemporain, d'action par exemple. Les cadrages particuliers de Leone ou les ralentis fantastiques que Enzo G. Castellari utilise sur le non moins excellent Keoma (dont les ralentis du Gang des Frères James de Walter Hill sont un hommage) et repris dans bon nombre de fictions d'action occidentales, mais surtout par John Woo (fanatique de westerns) dans les années 80.

Pour ceux qui vivent connecté sur le site et qui sont en vacances,Little Big Man, justement passe à 14h55 sur France 2 ! Je ne l'ai pas vu, donc je me rattrappe !
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Ororo
Tata Ripley


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Posté le: Jeu 03 Jan 2008, 18:37:26    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Le problème est là: j'en avais tellement pondu, qu'il a fallu ensuite que je me bride car à force de developper, je partais dans tous les sens tellement j'avais envie de parler des films que j'aimais mais ca sortait carrément du sujet.
C'est très dur de se limiter, je continue de penser que j'en ai oublié...qui auraient pu...

Bref, je n'ai pas voulu trop me pencher sur la forme (les blablas de mise en scène) parce que je ne maitrise pas ce language mais plutôt sur le courant novateur qui portaient tous ces films.
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Tim Reechurt
Légionnaire


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Posté le: Jeu 03 Jan 2008, 22:30:19    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Fiouu, ça c'est du dossier !

Je n'y ai jeté pour l'instant qu'un rapide coup d'oeil mais déjà bravo et merci Ororo, je crois que tu vas encore me faire découvrir de belles choses ! Wink
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raoul duke
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Posté le: Ven 04 Jan 2008, 03:42:36    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

ça c'est un article !

C'est très complet et bien écrit, la grande classe !
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Ororo
Tata Ripley


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Localisation : Dans la fuckin' peau de Christian Bale !

Posté le: Ven 04 Jan 2008, 11:58:52    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Merci les gars...

@Tim: Je l'espère vraiment. Je sais que d'habitude les westerns n'ont pas la côte, on caricature souvent le genre et il faut evacuer quelques petites reticences...
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Laurette SixKiller
Futur Goncourt de mes couilles


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 19:15:29    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Je suis passée à côté... Pardon! Je vais prendre le temps de tout relire (là, je n'ai fait que survoler)... Mais on sent déjà la qualité, sisi... En vérité, je vous le dis: c'est du lourd de dossier! Wink
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gweltaz
Captain Cavern


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 20:22:00    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Je viens d'achever la lecture du dossier d' Ororo.

C'est étrange, mais en lisent ce dossier, je me suis souvenue qu'il y a une époque ou j'ai eu le western en horreur... Et un jours, on ma appris a le regarder et a l'apprécier.

Ca a changé ma vision du cinéma, j'l'avais presque oublier.

Merci tata pour ce sacré dossier.
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ausi1
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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 21:07:40    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

c'est vrai qu'il est tres bien foutu ce dossier! chapeau bas ororo Yes Master
c'est marrant, mais la quasi totalité des filles que je frequente/ai frequenté n'aimait pas les westerns, quels qu'ils soient...
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Ororo
Tata Ripley


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 21:16:03    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

En fait faut que j'evite de le relire trop parce que j'y vois pleins de manques, c'est penible...

M'enfin bref, ce que je lis ne m'etonne pas: le western a souvent été devalué, c'est bien ce à quoi je m'attendais. D'ailleurs, gwel, ca m'interesse de savoir à quelle occasion tu as "changé" ta vision ( est ce une question d'age aussi peut-être ?...).

Quant à ausi, c'est assez classique, oui. C'est vrai que les filles ne sont pas follement attiré par le genre. Elle s'imaginent que c'est trop basique et seulement avec John Wayne... Rolling Eyes
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Laurette SixKiller
Futur Goncourt de mes couilles


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 21:22:56    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Comment ça??? Shocked Shocked
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gweltaz
Captain Cavern


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 21:28:22    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Oui, l'age a été un facteur...

En faite, je devais avoir 14/15 ans mon père ne regardait quasiment que des films de John Wayne...

J'appréciais le western spaghetti uniquement. Et à 17ans, j'ai eu un prof de lettre qui m'a expliqué certaines choses... N'ayant pas peur d'avoir eu tord, je m'y suis replongé et les thèmes abordés m'ont touché, j'étais en phase en quelques sortes.

Je pense que le western est un genre assez dur qui ne s'adresse pas forcement au plus jeune.

En gros, au début de l'adolescence j'ai eu beaucoup de mal avec les " vieux westerns "... Que j'avais un peu apprécié quand j'étais gosse grâce au playmobile !
Et sur la fin, grâce a un prof, j'ai découvert quelques choses.
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Ororo
Tata Ripley


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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 22:45:38    Sujet du message: Re: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Laurette SixKiller a écrit:
Comment ça??? Shocked Shocked


Et bien en general, aucune fille que je rencontrais ne savais ce que c'etait un western... Aussitôt elles sortaient leur crucifix... C'est pas toujours abordable à l'adolescence. La reflexion de Gwel me fait d'ailleurs penser que, pour venir à ce genre, c'est souvent/toujours grâce à Morricone et le decalage qu'il a su installer avec Eastwood et consors.

Ca c'est pas le plus dur. Mais, s'interesser aux westerns à l'ancienne, c'est pas evident.
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Laurette SixKiller
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Posté le: Jeu 10 Jan 2008, 23:14:35    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Oui, bien sûr!.. C'est pas faux, mais bon du Mann (Anthony, hein! Pas Michael...) et William Wyler ont ouvert de belles perspectives d'innovation dans le genre, niveau mise en scène.

Je dis ça pour les citer bien sûr! Wink
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Tim Reechurt
Légionnaire


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Localisation : Lost In La Mancha

Posté le: Ven 25 Jan 2008, 12:16:58    Sujet du message: [Dossier] Le trip naturaliste, suite... Répondre en citant

Je viens de voir Little Big Man. J'ai vraiment adoré. Excellent western, et excellent Dustin Hoffman ! Smile
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